La mérule

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◊ Qu’est ce qu’est une mérule ?

La mérule, tout comme les autres xylophages, s’attaque  aux charpentes ainsi que tous les matériaux à base de cellulose à nos habitations. Sa nature la pousse à préférer les résineux, pin, épicéa et autres, mais elle ne rechigne pas à s’attaquer aux feuillus. Seuls sont épargnés l’orme, le châtaignier, le cerisier et le noyer. Le chêne, pourtant réputé pour sa résistance aux parasites, est également au menu. La mérule mettra juste un peu plus de temps pour le dégrader. Assez commune dans le nord de la France, en Normandie et en Bretagne, on la trouve également en région parisienne. Par contre, le Sud est plus épargné, peut-être parce que la mérule, supporte mal la chaleur.  Elle est même capable de transporter l’eau de l’endroit où elle la trouve vers l’endroit où elle veut l’utiliser pour dégrader le bois sec. » A cette fin, la mérule développe un réseau cellulaire fibreux, le mycélium. D’aspect cotonneux, il forme à la surface du bois une auréole en croissance rapide. Dans des conditions optimales, il grandit de 12 centimètres par semaine, près d’un mètre en deux mois ! Le champignon enfonce alors au cœur des poutres de fins filaments pour s’alimenter et détruire le bois. Après quelques années, la mérule occupe plusieurs mètres cubes. Tant qu’elle a une source d’eau, Serpula lacrymans attaque le bois, même sain. Elle forme dans son mycélium des canaux, les syrrotes, qui peuvent atteindre 15 millimètres de diamètre et plus de 4 mètres en longueur. L’eau s’y écoule, mettant moins de deux heures pour voyager sur un mètre. Après le passage de la mérule, le bois est complètement détruit. » Devenu plus léger et plus fragile que du charbon de bois, il s’effrite et se morcelle en petits cubes caractéristiques. Si elle ne trouve plus de bois pour se nourrir, la mérule lance des cordons au travers des murs et des maçonneries. Elle produit, en effet, de l’acide oxalique, qui dissout les ciments et les plâtres. Un champignon ayant germé à la cave est tout à fait capable d’attaquer la charpente du toit.

Il y a constamment dans l’air entre 5 et 10 spores de mérule par mètre cube, et jusqu’à 100 en période de fructification. Il lui suffit d’un morceau de bois où elle puisse germer. « Il faut tout de même qu’il y ait une humidité anormale, Les champignons n’arrivent à germer qu’au-delà de 20 % d’humidité. Une fuite de chéneau ou de salle de bains, une vieille cave humide, et la mérule peut s’implanter. Mais, ces derniers temps, les cas se multiplient avec la rénovation des anciennes maisons. En calfeutrant toutes les aérations sous prétexte d’isolation, on prépare le terrain à la mérule. Ce champignon peut être aussi une conséquence des inondations. » On la repère en général lorsqu’elle fructifie, formant des parties charnues, molles, de couleur brun à jaune. Ce tapis mycologique contient plusieurs milliards de spores de couleur rouille. Pour arriver à produire ses graines, ce n’est pas moins de 35 kilogrammes de bois que la mérule aura décomposés…

 

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◊ Le rôle d’Avicéa

Pour combattre un tel envahisseur, les méthodes, thermiques et chimiques, sont moins destructrices que par le passé.  Il faut repérer la souche mère, puis localiser les limites du champignon. Cette étape peut demander que l’on démonte les planchers, les cloisons, que l’on retire certains crépis. On procède aussi par sondage dans les murs. Ensuite, il faut lui couper l’eau, en résolvant le problème qui a permis à la mérule de germer, Après quoi, on chauffe intensément les murs au chalumeau, car la mérule supporte mal la chaleur. Cela n’abîme pas outre mesure les murs. Puis on injecte un fongicide spécifique par des trous régulièrement espacés. On traite un mètre de plus que le front de croissance du champignon, par sécurité. Il faut bien sûr procéder au remplacement de toutes les parties en bois touchées. La certification CTBA+ [agrément du Centre technique du bois et de l’ameublement, ndlr] est un bon indicateur de la qualité de l’entreprise. » Ces traitements chers rebutent les occupants et préparent de longues batailles avec les assurances. A un tel point que, lors des ventes, de plus en plus d’acheteurs veulent s’assurer de l’absence de la mérule dans le bâtiment. La solution : faire établir un état parasitaire. Il a été rendu obligatoire par la loi du 8 juin 1999 pour les communes sous le coup d’un arrêté préfectoral concernant les termites. Pour les zones qui ne sont pas concernées par les termites, L’état parasitaire représente une bonne garantie, à condition qu’il soit réalisé par un expert selon la norme NF P03200, qui oblige à regarder tous les parasites du bois (insectes, moisissures et champignons). Mieux vaut prévenir que guérir. Alors, ménagez des aérations correctes, faites réparer les fuites. Evitez d’entreposer de vieux meubles ou du bois dans une cave humide. Si vous sentez en entrant dans une pièce une forte odeur de champignon frais, inspectez les coins et recoins.

Faites appel à une société spécialisée pour identifier avec certitude la mérule.

 

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